[aigassa] (?)

Citations 

variante(s): eguessa

n. f.

'mare, étang'

L: EstherNM 261 (eguessa, = Pans3 «1350, Elzéar»)

L'appartenance de la forme eguessa à la famille de → aiga n'est pas assurée. L'éd. Meyer est le premier à suggérer un tel rattachement du fait qu'il traduit eguessa dans la phrase Razon era qe en eguessa /a mort per so om la neguessa par 'mare, étang' (cf. la note au vers). Par la suite, Pansier admet le mot dans son glossaire (où «Elzéar» est à corr. en «Esther») et lui attribue le sens de 'eau profonde, gouffre', définition reprise par Pfister et le DAO.
L'occ. mod. connaissant le type aigassa, dér. de → aiga à l'aide du suffixe ‑assa < -ᴀᴄᴇᴀ (à valeur augmentative ou péjorative, cf. p. ex. dauph. 'grosse pluie', Puisserguier, Agen 'eau croupie', FEW 25:65b), c'est surtout la forme du suffixe ‑essa qui fait problème. Pfister l'accepte comme variante du suffixe collectif ‑assa < -ᴀᴄᴇᴀ (cf. aussi LEI 3:585, où eguessa figure comme représentant a. occ. du type *ᴀꞯᴜᴀ̄ᴄᴇᴜѕ), sans se prononcer sur la divergence phonétique entre ‑essa et ‑assa.
Le statut de l'attestation a. occ., qui se trouve dans un texte transmis en caractères hébraïques, devient encore plus précaire si l'on suit Wanono, qui au lieu de neguessa de l'éd. (v. 262) lit gygysa, graphie pour gugesa, jugesa (→ jutjar). Une telle leçon supprime l'unique indice à l'appui d'une assimilation de eguessa à aigassa, dér. de → aiga. Toutefois, la reconstitution des vers 261–62 proposée par Wanano n'étant guère concluante, la bonne interprétation du passage reste à trouver.

FEW 25:63b [ᴀꞯᴜᴀ]; DECat 1:94b; DECH 1:79a [‑acha, arag.], 79b [‑aza]; DEM 2:484a; LEI 3:426, 573; DAO 215. – Pfister2; Wanono 362–63.